
https://www.flickr.com/photos/yusamoilov/49679288857/in/faves-187480624@N06
#1 Prémisses
Si nous n’éradiquons pas le coronavirus, nous devrons vivre avec ce nouveau virus qui risque d’affaiblir nos sociétés ouvertes à un niveau qui nous mènera à l’effondrement redouté par Jared Diamond.
L’OMS n’a pas su proposer au monde un vade-mecum, une marche à suivre, pour cantonner le virus.
Dans ce contexte, les États interviennent en ordre dispersé, par à-coups, sans prendre la vraie mesure de la menace, en temps et en heure, sans coordonner leurs efforts et partager leurs expériences.
Ils tardent à agir pensant protéger leurs économies alors que leurs atermoiements aggravent les problèmes.
Nous pensons qu’il est possible d’éradiquer le coronavirus. Voici nos propositions pour l’éradiquer dans le laps de temps le plus bref, de la façon la moins dé-structurante pour nos économies ouvertes, et de manière socialement acceptable.
#2 Le virus
Nous disposons de premières études à grande échelle (10 000+ cas) qui permettent de comprendre de nouveaux aspects de la propagation du virus, bien que de nombreux éléments restent à élucider. Nous pensons néanmoins disposer d’un niveau d’information suffisant pour proposer un délai et un coût pour la politique publique que nous préconisons.
La mise au point d’un vaccin, ou d’un traitement, ne saurait se faire autrement qu’à une échelle lointaine. Elle ne permet pas de répondre de façon adéquate à une pandémie qui se propage à une vitesse exponentielle. Cette piste doit être écartée à court terme et réservée comme solution de recours ultime.
Nous savons que 99 % des personnes affectées ne sont plus porteuses au-delà de 14 jours, le délai de quarantaine reconnu par l’OMS semble adéquat.
Les résultats probants obtenus par la République Populaire de Chine avec la quarantaine, malgré toutes les erreurs commises en cours de route (délais, dénis, attaques du corps médical…) laissent à penser que cette stratégie a bon espoir de succès.
La question n’est donc pas si, mais comment la mettre en œuvre de la manière la plus efficace.
L’essentiel des contaminations semblent se faire avant que le patient ne développe de symptômes. (entre 67% à 87% à Wuhan, entre 43% et 67% à Singapour). ((Cas de Singapour un peu spécial vu l’auto-confinement systématique préconisé par les autorités presque immédiatement, retour d’expérience du SARS.))
La difficulté est donc de casser cette transmission initiale lors de cette période d’incubation. ((Savoir si chaque patient transmet le virus à 2 ou 2,5 personnes est intéressant en matière de connaissance, mais est sans objet en matière de politique publique.))
#3 L’infection
Nous avons quatre cas.
Le patient n’a pas croisé le virus. Il n’est pas contaminé, il ne contamine pas. (Voir Tableau #1, même à Wuhan le taux est très faible et il convient d’être factuel sans affoler.)
Le patient a croisé le virus. Il est porteur sain (les études semblent indiquer une période d’incubation (pas sûr du terme) de 5,1 jours (légers écarts entre RPC 5,2 et Singapour 4,8, sans incidence). Le système immunitaire se défend, le virus est détruit. Le patient cesse de contaminer. ((Statistiques disponibles très approximatives))
Le patient a croisé le virus. Il développe des symptômes, plus ou moins forts. Son système se défend, le virus est détruit. ((Cas déclarés, statistiques approximatives car tous les cas ne sont pas testés, cela n’a pas d’incidence sur le choix de la politique))
Le patient a croisé le virus. Il développe des symptômes et en meurt. Il cesse d’être contaminant, pas de la manière souhaitée… la mort peut excéder les 14 jours depuis la contamination ((Statistiques plus fiables, mais sans incidence pour le choix de la politique)).
| Tableau #1 : Mortalité rapportée (14 mars 2020, @16h00) | |||||
| Zone | Population | Cas | % | Décès | † |
| Ville de Wuhan | 8 500 000 | ||||
| Province du Hubei | 59 170 000 | ||||
| Chine (RPC) | 1 441 000 000 | 80 824 | 5,61 | 3 189 | 0,22 |
| Corée du Sud | 51 418 000 | 8 086 | 15,73 | 72 | 0,14 |
| Italie | 60 487 000 | 17 660 | 29,19 | 1 266 | 2,09 |
| France | 67 064 000 | 3 661 | 5,45 | 19 | 0,03 |
| Royaume-Uni | 67 886 000 | 1 1140 | 1,67 | 21 | 0,03 |
| Allemagne | 83 200 000 | 3 953 | 4,75 | 8 | 0,01 |
| Espagne | 47 100 000 | 6 023 | 12,78 | 191 | 0,41 |
| Cas par 100 000. |
Vu le caractère exponentiel de l’épidémie le moindre retard peut avoir des conséquences catastrophiques.
#4 Stratégies de quarantaine : Diviser pour régner
Diviser dans l’espace.
Il est indispensable de procéder à une quarantaine stricte par zone (région ou division administrative selon le pays), exemple en France nos 90 départements métropolitains + DOM/TOM.
Par strict nous entendons assignation à domicile sauf activités essentielles (médecins, infirmiers, militaires et policiers chargés de verrouiller les zones, ou camions livrant les supermarchés. Arrêt des transports publics. Fermeture et contrôle des axes de communications (aérien, autoroutes…).
Diviser dans le temps.
Une seconde division se fait dans le temps. En effet pour contrer la période d’incubation, l’arrêt se fera par bloc de « quinzaine ». Les 5 jours ouvrés peuvent, doivent, passer à 9 en y ajoutant les week-ends attenant, soit : WE, WE, JO, JO, JO, JO, JO, WE, WE.
De la sorte on allonge la période de surveillance de l’incubation sans augmenter les effets induits sur l’économie.
À l’issue de cette première « semaine » les citoyens soit présentent des symptômes et se font connaître, et doivent rester encore une semaine, soient ne doivent plus présenter de risque.
On fait suivre cette première semaine d’une seconde (JO, JO, JO, JO, JO, WE, WE) où il est possible, ou non, d’assouplir les conditions de la quarantaine (peu « rentable » niveau risque).
Une évaluation à ce stade permet de déterminer la situation zone par zone.
À supposer que l’on a endigué la propagation dans 80 zones sur 100 (hypothèse basse) ou dans 90 zones sur 100 (hypothèse haute), à l’issue de la première quinzaine, on recommence une seconde quinzaine, puis une troisième.
| Tableau # 2 : Contrôle de la pandémie | |||||
| # Zones | Taux réussite | J + 16 | J + 30 | J +44 | Indice |
| 100 | 80 % | 20 zones | 4 zones | 0,8 zones | 124,8 |
| 100 | 90 % | 10 zones | 1 zone | 0,1 zone | 111,1 |
| L’indice permet d’évaluer le coût, rapporté au coût d’une quarantaine d’une quinzaine. |
Au fur et à mesure que les zones sont déclarées libres, on peut reprendre l’activité économique dans la zone pour limiter l’impact économique (prévoir mesures annexes camionnage longue distance…).
Et consacrer plus de ressources pour éradiquer les zones résiduelles en seconde et troisième quinzaine.
Passée trois cycles (soit 6 x 7 j + 2 j = 44 jours) normalement la quarantaine aura endigué la propagation. S’il subsiste quelques cas dans une zone, on prolonge pour une zone.
Un pays peut être déclaré « virus free » sans virus, à l’issue d’une période additionnelle de 14 jours sans nouveau cas.
L’objectif est donc d’agir de concert par grande zone, et en simultané ou presque, pour pouvoir ensuite rétablir les liaisons aériennes.
La première date qui convient et qu’il ne faudrait pas manquer est le 21 mars 2020.
Le SARS et le MERS ont été vaincu. Vainquons le Covid-19.
#5 Financement
Au niveau économique, le ralentissement en l’absence de concertation est prodigieux, il suffit de regarder les bourses pour le comprendre. Un mot de travers de Trump les bourses US dévissent de 500 milliards $, une semaine de chute et les bourses anglaises perdent 795 milliards de £…
Une semaine de PIB par définition c’est 2 % de PIB, l’activité perdue peut être estimée à 10 % de ce montant : la voiture achetée le lundi qui suit plutôt que le lundi de la quarantaine, et qui ne sera pas livrée avant 8 semaines (options obligent) n’affectera guère les revenus du constructeur automobile. En revanche, le client du restaurant n’ira pas déjeuner deux fois de suite…
Pour limiter la casse économique pendant et APRÈS la crise il convient de prendre certaines mesures courageuses. Prendre en charge les salaires (y compris assurance maladie et pensions) durant la quarantaine. Pour les sourds et malentendants : le Trésor Public en France (ou ses homologues européens) fait le chèque.
Le coût peut paraître astronomique mais il s’élève à 0,5 x 0,02 x 2 000 milliards en France (% des revenus bruts dans le PIB x part d’une semaine dans le PIB annuel x PIB annuel) soit 12 milliards € par semaine. C’est onéreux mais dérisoire par rapport à la situation. Selon que le taux de succès soit de 80 ou 90 % par phase. (≈ x 5 pour le total UE)
| Tableau #3 : Projection coût France | |||||
| # Zones | Réussite | J + 16 | J + 30 | J +44 | Coût Total |
| 100 | 80 % | 20 zones | 4 zones | 0,8 zones | 50 M9 € |
| 100 | 90 % | 10 zones | 1 zone | 0,1 zone | 44 M9 € |
| Tableau #3’ : Projection par pays (simplifié) | |||||
| # Zones | Réussite | France | Allemagne | UK | UE 28 |
| 100 | 80 % | 50 M9 € | 86 M9 € | 55 billions £ | 395 M9 € |
| 100 | 90 % | 44 M9 € | 76 M9 € | 49 billions £ | 340 M9 € |
Les coûts seraient significativement réduits de 40 % si l’on considère la prise en compte d’un aléa comme une pandémie comme faisant partie intégrante des risques couverts par les assurances maladie et retraite.
À titre d’illustration pour sauver les banques et l’économie post 2008 on a mis en œuvre deux blocs de tranches de QE à 11 000 milliards € chaque !
Une approche systématique « carpet funding » est plus simple, et in fine, moins onéreuse qu’un examen détaillé au cas par cas de toutes les entreprises, où les États seraient tentés de reprendre d’une main ce qu’ils concèdent de l’autre.
À cela peuvent s’ajouter des mesures spécifiques précises, sectorielles comme le transport aérien qui sera touché plus longtemps (report d’échéances d’acquisition des avions, en sus des salaires, concertation mondiale…), ou particulières comme une partie du tourisme à Paris déjà lourdement touchés par la séquence Attentats + Gilets Jaunes + Grève.
Les États doivent prendre en charge ceux qui déclareront des symptômes, dès le premier jour, sans jour de carence, et tout au long de la quarantaine qui s’ensuit (comme l’a fait le Royaume-Uni). Et, tant pis si certains en abusent, mieux vaut que la population pêche par excès de prudence que de la voir fuir les mesures prises.
En regard, un ralentissement de l’activité sur 4 mois (ou plus) de 30 % (plus le temps passe plus les effets s’aggravent), hors prise en charge médicale, si l’on tarde à réagir correspondrait à 7,5 % PIB, soit 150 milliards pour la France.
Notre approche est TROIS à CINQ fois moins coûteuse.
Le coût peut être couvert sous forme d’un emprunt national ou européen de solidarité (les symboles, ça compte) qui ne sera pas pris en compte dans les critères habituels (3 % PIB…).
À crise exceptionnelle, mesure exceptionnelle.
#6 Acceptabilité
En prenant à charge massivement les frais liés à la pandémie, les gouvernements rassurent leurs citoyens, leurs entreprises, et leurs collectivités.
La rapidité est essentielle pour le bon respect de la quarantaine. Si le délai est court et bien explicité, elle sera mieux respectée. Sinon la fatigue et l’incertitude entraineront le non-respect des consignes et la moindre efficacité des mesures.
Les mesures, même les plus contraignantes, ne sont plus un pis-aller, mais s’inscrivent dans un plan d’ensemble qui offre une perspective heureuse : la victoire sur le virus.
La distance sociale est un outil efficace et excellent. Le rôle des communautés, églises, voisins, … tout cela est nécessaire mais non suffisant.
Seuls les services essentiels seront desservis. Il conviendra d’insister sur la protection de nos séniors plus menacés que les autres. Un appel sera fait pour assurer la garde des enfants des personnel de service (médecins, infirmières, pompiers, policiers…)
Les mesures doivent être acceptées, mais il convient de les faire respecter. La meilleure façon de le faire à si brève échéance est de s’appuyer sur l’existant.
Les opérateurs de portable peuvent aisément, s’ils ne l’ont pas déjà fait en interne pour leurs campagnes marketing, déterminer l’emplacement du « domicile » et du « travail » des individus sur la base des antennes de réseau sur lesquels les gens se connectent. Une simple ligne renvoyant vers un look-up de base de données peut permettre d’envoyer un SMS dès que les gens s’éloignent trop de leur domicile (hormis faire ses courses).
Des avertissements (SMS) peuvent être lancé pour s’en assurer, les comportements irresponsables sont verbalisés par des amendes, progressives en cas de récidive.
Idem pour la gestion/remontée des urgences, un simple système d’envoi de SMS, ou de disque téléphonique, pour indiquer une urgence médicale et laquelle (CoVid-19 ou autre), une urgence (fuite de gaz ou incendie…). ((Peut-être numéro unique européen pour la suite…))
#7 International
Ces mesures à prendre au niveau européen, devront trouver leur pendant ailleurs. Idéalement G7/G20 en même temps ou au plus tard la semaine suivante, pour les autres aires géographiques la semaine suivante.
Il importera que les pays du G7/G20 aident logistiquement, médicalement et financièrement les autres États à faire de même. On doit puiser sans hésiter dans les fonds structurels de la Banque Mondiale à cette fin.
Pour l’Amérique Latine, il est presque trop tard pour contenir, on devra mettre en quarantaine, pour l’Afrique sub-saharienne il est peut-être encore temps, mais il importe de frapper fort, de frapper vite, et d’obtenir le consensus.
Le vrai risque épidémiologique serait que les zones actuellement touchées par Ebola en RDC deviennent un réservoir humain du CoronaVirus.
#8 Soft Power / Influence
Si on attend trop on risque des mutations du virus, même s’il semble que comme nombre de CoronaVirus, les mutations soient peu fréquentes. Une mutation plus mortelle entrainera un grand nombre de morts. Une mutation plus bégnine et on risque de devoir vivre avec à jamais.
Si on attend trop, 1 à 2 semaines, ce qui peut n’être qu’une gêne économique créera une crise structurelle qui peut aller jusqu’à l’effondrement.
Fournir le vade-mecum dont le monde à un besoin vital et urgent, est l’occasion rêvée d’obtenir une influence globale. ((Nécessaire pour lutter demain contre le réchauffement climatique))
#9 Questions-Réponses
Question : Quelle est la particularité de l’approche proposée ?
Réponse : Nous visons l’éradication définitive du virus et non sa limitation. Cela change profondément la nature et la portée des politiques proposées.
Question : En quoi cette approche est-elle plus efficace ?
Réponse : En raccourcissant le délai de mise en œuvre, et en divisant spatialement et séquentiellement, on limite l’extension de la pandémie, ses impacts de santé (nombre de morts) et ses effets économiques (trois à cinq fois moins cher) ; et on augmente son acceptabilité sociale ; et donc, ses chances de succès.
Question : En quoi diffère-t-on de la Chine ou de l’Italie ?
Réponse : En visant comme co-objectifs les enjeux de santé, économique et sociétaux, on vise à proposer un plan fiable et acceptable avec des objectifs mesurables.
Question : Quelle durée avant d’être « virus free » ?
Réponse : On peut espérer qu’un ensemble de pays appliquant sans faille cette approche puisse être débarrassée du virus en 44 jours, et soient en mesure de reprendre une activité économique 100 % normale, y compris avec ses voisins en 58 jours.
Question : Combien de malades et de morts aurons-nous ?
Réponse : Nous ne le saurons pas. Nous ne disposons pas de suffisamment de tests pour tester tous ceux qui présenteraient des symptômes, les hypocondriaques… Les tests seront réservés aux personnes hospitalisées, aux morts, et dans les phases 2 et 3 lors du traçage des cas épars.
Cela compliquera une analyse épidémiologique ultérieure, mais n’empêchera en rien le succès de la politique préconisée.